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Réussir à profiter. Ok, mais comment ? 

8 septembre 2026
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Tu connais sans doute le « profite » que certains te lancent quand tu vas vivre un moment sympathique ou quand tu pars en vacances.

Peut-être l’as-tu toi aussi souhaité à d’autres.

Tu as un temps de répit car ton aidé dort : « Profite ! »

Tu prends 5 minutes pour boire un café : « Profite ! »

Tu confies ton aidé quelques heures : « Profite ! »

Il y a un rayon de soleil : « Profite ! »

Il pleut enfin : « Profite ! »

C’est le week-end : « Profite ! »

Je me suis surprise plusieurs fois à ressentir une certaine pression en entendant ce mot. J’allais vivre quelque chose d’agréable qui me sortait du quotidien et cette chose devenait un enjeu.

Qu’allais-je en faire ? Je voulais juste vivre ce moment, alors que j’avais l’impression qu’on me demandait de le réussir.

Et pourtant, la personne qui m’invite à « profiter », à tirer profit de ce que je vais vivre a raison. Ce que je m’apprête à faire est là pour m’apporter du positif.

J’ai réfléchi et essayé de comprendre. Je te livre ici ma réflexion.

La meilleure façon de tirer profit d’un instant de calme est de le vivre consciemment, connectée à ton corps. Facile à dire mais pas à faire. 

Cela implique de lâcher dans ton mental ce qui t’inquiète et dans ton corps les tensions ou les douleurs. C’est parfois difficile : quand la douleur est là, elle s’impose. Il s’agit alors peut-être de lui laisser moins de place.

Dans le « profite » il y a donc tout d’abord quelque chose à déposer, une distance à prendre avec ce qui t’encombre sans même que tu t’en rende compte.

L’outil que je propose pour cela est de te reconnecter à ton corps (à un endroit qui n’est pas douloureux dans celui-ci). 

Tu es sans doute connectée aux besoins de ton aidé, aux impératifs du quotidien, à un désir d’être à la hauteur de ce que tu attends de toi ou de ce que tu penses que d’autres attendent de toi. Tu vas alors porter ton attention sur les sensations de ton corps.

C’est un retour à l’essentiel : TOI, ta capacité à sentir ce qui « est » et non ce que tu « fais ».

Ce peut-être :

  • Ta respiration qui fait sans doute se lever et s’abaisser tes épaules, le bruit du souffle qui passe par ton nez ou ta bouche.
  • Les endroits où tu ressens la présence de ton poids : les appuis solides qui te portent comme le sol, une chaise, un dossier, un matelas, une table où sont posées tes mains… Tu peux aussi être présente au fait que tu t’enfonces dans le support, que c’est dur ou moelleux.
  • Un scan corporel qui te fait éprouver la sensation des différentes parties de ton corps reliées les unes aux autres par les articulations par exemple ou par la peau.

Tu retrouves alors un lien réel à toi, aux autres et à ton environnement. 

Tu es juste là. 

Tu peux rester quelques secondes avec ces sensations : c’est ça « profiter ». 

Viens alors le moment de choisir de t’écouter puis de te poser la question « de quoi mon corps a besoin ? ». 

Peut-être est-ce juste de boire un verre d’eau. Certaines ont des applications de rappel qui leur disent de boire, mais si tu écoutes ton corps, tu apprends à décrypter les signaux de soif, et ton corps te dit merci.

Peut-être est-ce de t’étirer, faire quelques mouvements ou encore de souffler fortement comme si tu voulais évacuer un trop plein.

« Profiter » c’est accepter quelques instants d’être simplement soi, sans le poids des attentes, des « je devrais faire ceci », « j’ai encore oublié cela » ou « il faut que… ».

Ton quotidien d’aidante est souvent très exigeant. Peut-être penses-tu que ces moments de reconnexion à soi sont un luxe que tu ne peux t’offrir. Ils sont cependant vitaux pour garder ton énergie et sortir du tourbillon qui use ton corps. 

Tu n’as pas besoin de partir au club Med pour « profiter ».

Ces moments sont le plus souvent de courts instants, comme des petites parenthèses de quelques secondes dans la journée pour te sentir exister et déposer un peu du sac à dos de la charge mentale que tu portes. Tu le reprendras dans quelques secondes ou minutes car la vie continue. Le sac est là et tu en connais le poids sans doute. En le reprenant, il te semblera plus léger.

Il n’y a donc pas besoin de longues vacances ou de grandes sorties pour « profiter ». Si ce temps est long, il te permettra de retrouver plus de forces, de faire le plein de sensations agréables dans ton corps. Ce sont peut-être de beaux paysages, des rires ou des connexions partagés, des moments où tu t’es sentie vivante et plus légère, un rythme qui t’est propre dans lequel tu n’as plus à penser aux besoins de ton aidé.

En « profitant » tu ne vas pas résoudre ce qui est trop lourd à porter. 

Tu es juste invitée à le reconnaître, à écouter ce que ton corps et tes émotions te disent : telle tâche à accomplir qui te met en colère, tel trajet qui t’épuise, telle attitude d’un membre de ta famille qui te fait tout porter. Tu peux en prendre conscience, le nommer et ainsi avoir un peu de recul sur ce que tu vis. 

Tu existes en dehors de cette charge que tu portes. Tu es toi, une fabuleuse qui sent la vie circuler en elle. Tu n’es pas QUE celle qui porte le gros sac à dos.

Si tu veux « profiter » tu peux aussi « savourer ». J’entends par là, rester avec cette sensation de ton corps, de tes appuis, de ta respiration, du vent léger sur ta peau, de la fraicheur d’une boisson dans ta bouche puis dans ta gorge, du chant d’un oiseau au loin, de l’eau qui coule sur tes mains quand tu les laves, de l’odeur de l’été qui s’achève…

Te laisser faire par cette sensation, bercer par sa présence.

Puis revenir à ton quotidien, riche de la douceur emmagasinée pendant ces quelques instants.

Cette façon de « profiter » sans tension, sans attente de performance ne changera pas le monde d’un coup de baguette magique. Elle t’apaisera quelques instants et te fera éprouver que tu existes. 

Tu ne peux changer ce que vit ton aidé, ni le fait d’être aidante. Tu peux te rappeler que tu es fabuleuse, que tu n’es pas seule et qu’un pas après l’autre tu avances, à ton rythme. Tu peux être fière de toi.

Chère Fabuleuse, je t’invite à t’offrir plusieurs fois dans la journée ces moments de connexion à toi, à tes sensations. Ils sont l’oxygène dont tu as besoin pour vivre avec le quotidien qui est le tien, en ce moment. Ils sont l’occasion de « profiter », de « profiter de toi », de ta présence, de la vie qui t’habite.

Un cadeau à te faire et à faire à ton aidé.



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