deux mains qui se tiennent
Conjoints aidés

Quelle « bonne année » as-tu besoin d’entendre ?

Axelle Huber 15 janvier 2024
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Ah oui vraiment, tu me souhaites une bonne année ?

Ce « ah oui vraiment ! », on pourrait l’interpréter de plusieurs manières en variant le ton dans une palette de l’ironie à la bonté véritable.

Chère Fabuleuse,

As-tu été confrontée à ceux qui osent te clamer haut et fort un « bonne année » avec serpentins et cotillons ? À ceux qui l’ont murmuré, sans y croire ? Se sont tortillés, un peu gênés ? Ceux qui ont sonné aux abonnés absents, préférant ne rien te dire de peur de blesser et commettre un impair.

Les réactions de ton entourage quant aux vœux de bonne année s’avèrent variées, souvent adéquates, et parfois surprenantes voire dérangeantes. En miroir, existe aussi une multitude de réactions des Fabuleuses aidantes pour qui s’entendre, ou ne pas s’entendre souhaiter la bonne année peut être difficile. Pourquoi ?

Parce qu’on est souvent ultra sensible, écorchée vive, quand on est en proie à la souffrance.. 

Peut-être certaines d’entre vous vivent-elles cette tradition des vœux comme un véritable supplice.

« Comment peut-elle me souhaiter une bonne année, quand mon mari (ou mon fils) a un pronostic vital engagé, quand notre vie est devenue un enfer depuis l’apparition de tels ou tels syndromes, d’un accident… » songes-tu ! Alors tu as pu laisser ta colère éclater ou jeter un regard d’ébène. À l’inverse, tu t’es vexée ou tu t’es sentie blessée de ne pas te l’entendre souhaiter, cette fameuse « bonne année » et t’es-tu dit « elle est gonflée quand même, pas même un mot de bonne année, de gentillesse, d’attention, de considération ! » 

Tu as fulminé contre celle ou celui qui — bien maladroit il faut le dire — aura osé le « bon eh bien, je ne te souhaite pas une bonne année ! », comme je l’ai entendu. Dans ce cas, tu as peut-être répondu, ironique : « Tu as raison, souhaite m’en une mauvaise, ou encore pire que celle qui vient de s’écouler ». Et si certains s’aventurent à aller jusqu’à te souhaiter une bonne santé, ils risquent de se prendre la porte au nez tant ta colère peut t’envahir, chère Fabuleuse. 

Peut-être as-tu réagi au quart de tour face à telle attitude de ton entourage qui te semblait disproportionnée, décalée, à côté de la plaque par rapport à ce que tu vis toi. Ta belle-sœur te parle de son inquiétude sur Parcours sup et les classes prépa, quand toi tu te bats pour que ton fils vive. Tout simplement vive ! Et ta mère tourne en boucle sur le choix des mets du déjeuner du Noël familial que vous allez fêter — un peu tardivement — le 28 janvier et que tu hésites ou non à boycotter. D’un côté, la dimension festive et retrouvailles peut être sympa, de l’autre tu appréhendes et te sens déjà fatiguée à l’idée de te retrouver en grands effectifs et décalée face aux autres qui n’ont (toujours pas) chaussé leurs nouvelles baskets et n’ont donc pas relativisé ou modifié leurs priorités.

Je te propose de te rappeler l’intention positive de la personne qui te souhaite une bonne année.

Chère Fabuleuse, te retrouves-tu dans ces descriptions ? 

Un peu, beaucoup, pas du tout ? Dans une chose et son contraire ? Dans un peu de tout à la fois ? C’est normal d’être ainsi pris entre deux contraires. Ambivalence encore et toujours. 

Je t’invite à relativiser donc cela, à prendre du recul face à la petite voix du chacal dans la tête qui vitupère et peste contre une chose et son contraire.

Que faire, alors ? Te la souhaiter ou pas, la bonne année ? Le recevoir ou pas, ce « bonne année » ? Et y a t-il un mode d’emploi pour le recevoir ?

Tu l’as souvent entendu dans les textes, les parcours vidéo, les e-books des Fabuleuses aidantes, et tu l’auras aussi lu dans mon dernier livre Le deuil, une odyssée*, l’une des ressources pour aller mieux dans l’épreuve de la souffrance est de dire ce qui nous habite, en restant simple. Sans fards, sans mélodrame, mais sans nier pour autant les difficultés. Dire aux autres ce que tu aimerais que l’on te souhaite ! Demander de l’aide et donc dire ce dont tu as besoin ! Encore faut-il le discerner, bien sûr.

* Editions Mame, 2023.

Chère Fabuleuse, quelle « bonne année » as-tu besoin d’entendre ?

Je te souhaite de recevoir des vœux de bonne année, prononcés avec tact et délicatesse, sans te sentir écrasée par le bonheur insolent de celui qui n’est pas touché par la maladie/le handicap, sans qu’il ne fanfaronne, et sans fausse pudeur non plus.

  • Je te souhaite bien sûr une année pleine de retour de la santé, une année qui verra la guérison au bout, et/ou à défaut l’acceptation de la situation si elle ne peut être changée. 
  • Je te souhaite une année qui te verra te transformer. Je te souhaite une année remplie du bonheur d’aimer et de te laisser aimer. Une année dans laquelle l’espérance n’est pas un vain mot. 
  • Je te souhaite une année meilleure et plus légère que la précédente.
  • Une année de pauses sur les inquiétudes, les angoisses, les fatigues, les plaintes, de mises au placard des regrets, des remords, des rancœurs et autres ressentiments (comme l’envie et la jalousie). 
  • Une année où les joies pétillent, où les rêves scintillent. Une année ou les aides se demandent et se trouvent. Une année où tu acceptes ces bouquets de fleurs reçus.
  • Une année où tu puisses cueillir au présent les 1001 paillettes de gratitude, de positif où tu rencontres des pépites de douceur, de bonté profonde.
  • Une année où tu puisses décrocher des étoiles.
  • Une année de compassion pour toi comme pour tes proches parfois maladroits. 

Voilà ce que je te souhaite.

Et même plus encore en musique avec mon cher Grégoire, « une bonne année remplie d‘amour, remplie de rêves. Et de la tendresse sans trêves. »

Chère Fabuleuse, pour 2024, ON CONTINUE ! Ensemble.



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Cet article a été écrit par :
Axelle Huber

Mariée en 2003, j’ai eu 4 enfants entre 2004 et 2008. En 2010, mon mari Léonard est diagnostiqué atteint de Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA). Le quotidien est parfois difficile entre ma vie d’aidante pour lui, nos 4 très jeunes enfants, le lancement de mon entreprise après 10 années d'enseignement. La maladie grignote du terrain et Léonard meurt en 2013. Je décide alors d’écrire un livre Si je ne peux plus marcher, je courrai (éditions Mame 2016), témoignage qui se veut un hymne à l’espérance au coeur des difficultés. J’interviens régulièrement sur les thèmes de la résilience, de l’espérance et me forme ensuite pendant 3 années au coaching. Je suis très heureuse aujourd’hui d’accompagner les personnes confrontées à la maladie, au handicap et au deuil — en individuel ou au groupe — sur les enjeux émotionnels, relationnels et de connaissance de soi afin de les aider à se réaligner avec leur élan de vie.

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