Enfants extraordinaires

Pour une rentrée sans coup de blues

Axelle Huber 28 août 2023
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La cloche va bientôt sonner, la rentrée se profile. Quand les “grandes vacances” s’achèvent, certains enfants sont heureux de mettre fin à la trêve estivale, de reprendre le chemin de l’école et de retrouver leurs amis. Ils hument les cahiers tout neufs et exhibent de nouveaux crayons. Certains adultes, sans aller jusqu’à respirer avec délice l’odeur des bouchons ou des transports en commun, adorent la rentrée. Ils fourmillent d’idées, de projets et de résolutions pour relever de nouveaux challenges.

Mais la rentrée ne rime pas toujours avec festivité.

Certaines Fabuleuses s’inquiètent de la reprise et redoutent le retour de certains problèmes, mis entre parenthèse durant ce temps très — trop ? — bref de repos. Difficultés qu’elles craignent de voir voler en escadrille entre l’appartement mal adapté au handicap, les professionnels de santé pas toujours impliqués comme elles le voudraient, les enfants excités ou encore avec ce proche aidé dont la santé se détériore. Tout ça sans parler du travail ! Certaines même, très focalisées sur leur travail, sur la rentrée, sur ces difficultés, ne parviennent pas à se détendre, voire n’entrent pas dans la pause des vacances de crainte de ne pas accepter d’y mettre fin.

Qu’en est-il pour toi, chère Fabuleuse ?

Si comme beaucoup, tu as envie de retourner en vacances à peine revenue, il peut être bon d’appuyer sur le bouton “pause” et de voir ce qui se passe. Tu as le droit de rêver d’une vie calme et reposante même lorsque tu n’es pas en vacances. Ou du moins plus calme et reposante. Eh oui !

  • Si tu avais une baguette magique pour inventer une rentrée idéale, quelle serait elle ?
  • Quels sont selon toi les ingrédients d’une rentrée réussie ?
  • De quoi as -tu besoin ?

Première chose pour t’aider à répondre à ces questions : je me dois de déconstruire cette croyance selon laquelle notre quotidien est source d’ennui ou du moins incompatible avec le plaisir… et que le plaisir, du coup, serait comme cantonné à certaines périodes. Qui a dit que les “apéros-transat”, les barbecues étaient réservés à l’été ? Qui a dit que le travail était perpétuellement “trop” comme ceci et “jamais assez” comme cela ? Qui a dit que les routines étaient exclusivement pénibles alors qu’elles apportent aussi une sécurité ? Qui a dit que vivre enfin était réservé au temps des vacances ?

Chère Fabuleuse,

Tu peux te connecter à ta créativité et ton imagination, à cette envie de vivre pleinement ta vie, qui passera peut-être par demander de l’aide autour de toi ! Qui a dit que les jeux, les défis sportifs, les retrouvailles amicales, étaient réservés aux grandes vacances ? Si d’aventure c’étaient là tes pensées, il n’est pas interdit de casser tes codes et de “sortir de la boîte” !

Que tu aies pu ou non te reposer suffisamment pendant ce temps de vacances, je te livre quelques pistes et ingrédients pour une rentrée sans coup de blues, pour te permettre de prendre du recul, hiérarchiser des priorités et définir des objectifs atteignables pour agir avec un plan d’action. 

Il y a quelques années, une maîtresse de l’école de mes enfants avait déménagé pendant l’été. Elle m’avait confiée être heureuse de ce temps de tri, entre les choses à jeter, donner, conserver. Elle m’avait dit que cette façon de se désencombrer d’objets, cette opération par le vide, était aussi une façon de parachever sa liberté.

Son analyse avait résonné en moi.

Le temps est-il venu pour toi aussi de faire le tri de tes affaires de bureau, de faire du tri dans ta maison ? Je file la métaphore pour t’inviter à discerner entre ce que tu veux conserver, garder ou ajouter dans ta vie pour cette nouvelle rentrée scolaire. Dans un premier temps, je te propose de regarder ce qui a bien fonctionné les années passées et de continuer à le mettre en place. Par exemple, si tu appréciais les promenades avec ton aidé, et en tirais des bénéfices, inutile bien sûr de changer cela. Si ta voisine Françoise ou ton cousin Philippe t’apportent de délicieux gratins de courgettes ou des glaces à la fraise toutes les semaines, qu’ils sont disposés à continuer, alors tu seras sûrement heureuse de continuer à accepter leur aide et te sentir aimée de ces attentions. Rappelle-toi ce bon vieux principe : « On ne change pas une équipe qui gagne ! »

À l’inverse, il y a sûrement des choses dans les années passées qui ne t’ont pas contentée, qui t’ont carrément stressée, et dont tu peux tirer des leçons.

Imagine que, comme moi il y a quelques années, tu aies inscrit tes enfants à deux activités chacun : une activité de sport et une activité de musique (avec à chaque fois la paperasserie voire la queue pour venir choisir LE bon créneau horaire). Et que tu aies si souvent pesté les mercredis (ou les fins d’après-midi) d’avoir les fesses vissées sur ton fauteuil de voiture durant 2 heures et demi, à jongler entre ces activités et les rendez-vous de kiné ou d’orthophoniste pour celui de tes proches qui est doté d’un “petit truc en plus”. Ah oui, et puis évidemment, il te faut caser aussi le passage au supermarché entre ces deux conduites. Et si remettre ces choix à plat pour envisager la rentrée et même l’année plus sereinement était une option ?

Choisis-tu de continuer ou non comme cela ?

C’est une question de choix, et il t’appartient ! L’idée est de faire le point sur tes “agents stresseurs” et de voir ce que tu peux supprimer ou alléger. Ou encore de regarder si tu peux déléguer certaines choses et à qui. Tu peux aussi t’interroger sur tes motivations. Peut-être est-ce très important pour toi que tes enfants fassent tous de la musique et du sport ? Et c’est ok ! Faudra t-il alors chercher à limiter les temps de trajet en se rapprochant  d’autres parents pour mutualiser ces conduites ? Ou choisir un autre moment ou mode de livraison pour le plein de courses hebdomadaire ? Faudra t-il accepter de consommer différemment ?

Faire le point sera très aidant.

Si tu es si épuisée que tu n’arrives plus trop à réfléchir, un proche ou un professionnel sera sûrement bienvenu pour t’aider à y voir plus clair. Imagine à présent que tu pourrais initier de belles et bonnes choses dans ta vie de Fabuleuse aidante. 

Voici des questions que je te propose en guise de tour d’horizon ; je te laisse piocher ce qui te parlera : 

  • Si des relations ont été conflictuelles avec des proches (des professionnels qui accompagnent ton proche, ou bien des collègues de travail ou encore tes proches), que peux-tu mettre en place pour les améliorer ? Prendre un verre de temps en temps avec des amis ou collègues, ou bien dîner en amoureux avec ton conjoint ? Te lever plus tôt pour prendre le temps de rencontrer ce professionnel avec qui le courant ne passe pas trop ? 
  • Te coucher plus tôt pour gagner en temps de sommeil ?
  • Arrêter de scroller sur les réseaux ? As-tu besoin toi aussi, comme tes ados, d’avoir une durée limitée de temps d’écran ?
  • Aurais tu besoin d’être aidée pour mieux maîtriser les outils de la communication non violente ou prendre du recul ? 
  • Aurais tu besoin de plus de temps de qualité avec tes enfants ou ta fratrie ?
  • Veux-tu ajouter des temps de jeux, de franches rigolades et de douceur pour toi ? 
  • Veux-tu t’investir dans un nouveau projet ? Quel serait-il ? Quel temps lui consacrer ? À quel moment et sous quelle forme ?
  • As-tu envie de remettre en cause cette croyance que c’est d’abord et automatiquement aux autres d’agir en premier pour aller vers toi ?

Chère Fabuleuse,

Garde en tête que plus ton agenda 2023/2024 sera blindé de choses à faire, moins tu auras de temps pour les imprévus et les moments pour être, juste être. Et si, cette année, tu prévoyais des plages horaires pour des pauses, des siestes, des promenades, des moments de relaxation, des “moments douceur” ? Et si tu te donnais la permission de vivre et non pas seulement de survivre ? Toi, chère Fabuleuse, qui cumules tant de casquettes, tu as le droit pour cette nouvelle rentrée de penser à toi, tes envies, à tes besoins et d’agir pour cela en demandant de l’aide, en croyant que le beau peut encore advenir.

Et en pensant à cette nouvelle année scolaire 2023/2024, tu pourras chanter avec Grégoire : « Oui mes amis nous allons vivre, et vivre fort intensément »



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Cet article a été écrit par :
Axelle Huber

Mariée en 2003, j’ai eu 4 enfants entre 2004 et 2008. En 2010, mon mari Léonard est diagnostiqué atteint de Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA). Le quotidien est parfois difficile entre ma vie d’aidante pour lui, nos 4 très jeunes enfants, le lancement de mon entreprise après 10 années d'enseignement. La maladie grignote du terrain et Léonard meurt en 2013. Je décide alors d’écrire un livre Si je ne peux plus marcher, je courrai (éditions Mame 2016), témoignage qui se veut un hymne à l’espérance au coeur des difficultés. J’interviens régulièrement sur les thèmes de la résilience, de l’espérance et me forme ensuite pendant 3 années au coaching. Je suis très heureuse aujourd’hui d’accompagner les personnes confrontées à la maladie, au handicap et au deuil — en individuel ou au groupe — sur les enjeux émotionnels, relationnels et de connaissance de soi afin de les aider à se réaligner avec leur élan de vie.

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