Enfants extraordinaires

J’étais là

Une Fabuleuse aidante 1 mars 2021
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Mon père me disait toujours que c’était important, dans son travail, de savoir si on avait une obligation de moyen ou une obligation de résultat. Dans un cas, on doit s’engager à effectuer les tâches qui nous sont demandées — peu importe l’efficacité —, dans l’autre cas on doit atteindre un résultat précis déterminé à l’avance. 

Depuis que je suis maman, et surtout depuis que je suis devenue « maman aidante » de ma deuxième fille, j’essaie de me répéter souvent que j’ai une obligation de moyen dans mon rôle de maman, pas d’obligation de résultat.

Ma fille aînée de 4 ans ne veut pas manger ses légumes ?

Mon rôle de maman, c’est de lui proposer des légumes, de gentiment l’inciter à en manger. Mais au fond, si elle n’en mange pas, ce n’est plus mon job, c’est plutôt l’heure de boire un verre de vin au lieu de se fâcher pour des légumes.

L’école à la maison pendant le confinement ?

Mon rôle de maman, c’est de lui proposer un moment calme pour faire ensemble des activités de l’école. Elle ne veut pas découper ces petits rectangles malgré mon enthousiasme ? Eh bien, au moins j’aurais essayé, et il n’est que 10h, nous aurons encore beaucoup d’autres occasions de nous prendre la tête dans la journée. 

En tant que « maman aidante », j’aimerais tellement pouvoir permettre à ma fille cadette d’aller mieux. Mais je ne suis ni médecin, ni magicienne. Je ne peux pas guérir une maladie, réparer une malformation, empêcher des traumatismes. Je ne peux pas lui faire faire des progrès extraordinaires. 

Alors, j’essaie de me répéter tous les jours que je n’ai pas d’obligation de résultat.

  • Je peux essayer de créer un environnement de confiance pour ma fille, mais je ne peux pas la rendre calme.
  • Je peux réaliser tous ses soins de la façon la plus agréable possible, mais je ne peux pas empêcher ses pleurs.
  • Je peux lui expliquer qu’elle va avoir une opération, mais je ne peux pas le lui faire comprendre à 1 an.
  • Je peux continuer à lui proposer de la nourriture à chaque « repas » même si tout finit par terre systématiquement, mais je ne peux pas l’obliger à manger.

À la fin de la journée, épuisée et déçue de ne pas voir d’amélioration, j’essaie de me dire que malgré tout ce qui ne va pas, j’ai fait mon job, j’ai fourni les moyens même s’il n’y a pas de résultats :

J’étais là, certainement pas parfaite, mais j’étais là… 

Ce texte nous a été transmis par une Fabuleuse aidante, Clémence



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