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Le ménage de printemps

Blanche Renard 24 mars 2026
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Le printemps pointe officiellement le bout de son nez avec son énergie de renaissance. Il débute quand la durée du jour prend le pas sur celle de la nuit. La nature s’éveille avec le retour de la chaleur et l’éclosion des fleurs printanières. Les animaux sortent de leur période d’hibernation, les oiseaux font leur nid. 

Au-delà des rhumes des foins dont souffrent certains, le printemps est célébré comme un temps d’espérance : la vie finit toujours par triompher.
Il émane du travail incessant et discret de la vie en hiver. Il donne ainsi du sens à cette période d’obscurité et de mort apparente.  Pour ma part, j’accueille l’arrivée du printemps avec soulagement et espoir. La vie repart. C’est une invitation à faire de même car nous portons tous en nous cet élan de vie.

A l’arrivée des beaux jours nous avons souvent envie de trier, nettoyer et ranger notre intérieur afin d’être plus disponible pour recevoir les bénéfices de cette nouvelle saison.

Le ménage de printemps de nos vies.

Si en nous chaque chose est à sa place, si nous ne sommes pas encombrées par des choses inutiles ou qui nous font du mal, la vie quelle que soit sa réalité, sera plus facile.

Je te propose de te guider dans cet état des lieux, ces choix de nettoyage, de rangement et de tri.
Le premier pas est de prendre conscience de la pièce dans laquelle nous nous trouvons. Le deuxième est de voir ce que nous pouvons, petit pas par petit pas entreprendre pour laisser le printemps et sa force de vie entrer en nous quand nous sommes dans cette pièce. 

Commençons par les trois pièces les plus facilement accessibles, de plein pied, celles dans lesquelles nous avons peut-être pris l’habitude de nous rendre presque par automatisme.

La première est celle de nos bavardages intérieurs. Nous en sommes peut-être familières : nous y entrons sans problème et avons souvent du mal à en sortir. Par les fenêtres, nous regardons nos voisins, notre famille, nos collègues. Ses vitres ont parfois un filtre de comparaison, d’amertume, de culpabilité et de peurs : elles nous font voir ce que les autres vivent de bien et d’enviable ou alors font de mal et de critiquable. Nous avons alors tendance à idéaliser leur vie, plus reluisante que les nôtres, cela nous affecte et crée des freins qui stoppent nos projets.
Le ménage de printemps nous invite à nettoyer nos vitres. Une fois propres et claires, nous voyons les autres comme ils sont sans nous comparer.
Cette pièce possède aussi des miroirs. C’est l’occasion de les nettoyer : au lieu d’y voir ce qui ne va pas chez nous, nous pourrons contempler le chemin parcouru depuis que nous sommes aidantes,  les qualités que nous déployons pour notre aidé ainsi que nos ressources intérieures.
Ce nettoyage se fait par la gratitude : un focus sur ce qui est beau en nous et autour de nous. 
Si les ruminations sont trop présentes, le ménage de printemps peut s’effectuer par un retour plus fréquents à nos sensations corporelles comme la respiration ou la présence à ce que nous recevons par nos cinq sens. Notre mental s’apaise alors, car nous ne pouvons pas être en même temps présentes à nos pensées et à nos sensations.

La seconde pièce que nous visitons peut-être (trop) souvent est la salle des archives. Elle est peut-être remplie de dossiers peu sympathiques : des situations dans lesquelles nous avons ressenti qu’on nous causait du tort ou que nous n’avons pas reçu ce qui nous était dû. Il y a beaucoup de souffrance passée, peut-être aussi de culpabilité. Ces dossiers sont à notre portée et parfois nous les ruminons, les ressassons. Comme tu le sais, ça ne fait pas de bien.
Un tri s’impose si nous voulons laisser la force de vie du printemps s’installer : mettre des mots sur certaines situations, écrire ce que nous ressentons aussi. Peut-être préfèreras-tu te faire aider par des professionnels de « l’assainissement » pour cela : un psychologue, un thérapeute, un coach ? Nous pouvons cependant déjà prendre conscience de ces sujets et de la façon dont ils se rappellent à nous dans notre relation à nous-même et aux autres. Ils appartiennent au passé et méritent un nettoyage et du tri pour ne pas polluer notre présent.

La dernière pièce de cet ensemble est celle dans laquelle nous tentons “d’oublier”. Sous couvert de choses agréables, la fréquenter nous donne l’impression que le ménage des autres pièces n’est pas si important que cela. Nous pouvons y fumer, visionner des séries, manger des sucreries ou des chips. Certaines y font aussi des achats compulsifs ou boivent de l’alcool. Tout cela fait du bien sur le moment, apaise en apparence nos tensions. 
Le ménage de printemps peut venir réguler ceci. Comprendre à quoi correspond chez nous ce besoin de venir dans ce lieu est un premier pas pour y aller moins souvent ou stopper totalement certaines pratiques échappatoires. Remplacer certaines habitudes par des activités plus saines comme la marche, un sport qui nous fait du bien ou la créativité (peinture, chant, couture, écriture…). Voilà de bons moyens pour assainir cet endroit.

Ces trois pièces, une fois conscientisées, rangées, nettoyées nous laisse entrevoir l’escalier qui mène au premier étage.

En montant ces marches, nous choisissons de quitter notre ancien fonctionnement.

Et avec lui, les ruminations, les jugements, les culpabilités et les peurs. De nouvelles pièces nous attendent. 

L’une est remplie de bons souvenirs à réactiver pour profiter à nouveau des moments passés. Ils peuvent nous communiquer leur calme, leur sensation d’être aimée, leur énergie, leur joie. Répertorions-les pour les retrouver plus facilement.

Une autre contient nos victoires et nos fiertés, les instants où nous avons expérimenté notre courage et notre force. Parmi eux se glissent des moments de vérité dans lesquelles nous avons simplement dit que nous n’en pouvions plus. On y trouve aussi les moments où nous avons senti la présence d’autres pour nous soutenir dans notre rôle d’aidante. 

Dans la dernière pièce se trouvent nos ressources actuelles : nous pouvons les lister et nous en servir pour qu’elles soient actualisées. Ce sont les lieux de repos, de ressourcements, les lectures apaisantes ou vivifiantes (comme les mails des Fabuleuses Aidantes), les réflexions qui nourrissent notre esprit ou nous apaisent, les lieux de méditation où nous pouvons dans le silence nous sentir connectée à nous-même et à plus Grand que nous.

Fréquenter ces dernières salles est salvateur. On y découvre que la joie est possible dans la tourmente, que nous pouvons déployer notre créativité pour cultiver des fruits à venir puis de nouvelles graines à semer pour un prochain printemps.

Et toi chère fabuleuse aidante, dans quelle pièce te situes-tu aujourd’hui ? Que pourrais-tu faire pour laisser le printemps rentrer dedans ?

Je te souhaite un bon ménage printanier.



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Cet article a été écrit par :
Blanche Renard

Thérapeute formée à la méthode Vittoz, je suis aussi maman de six enfants. Je suis l’aidante de notre dernier : né avec une malformation, il a une maladie chronique. Il est aussi dyspraxique et porteur d’un TSA. Je suis parfois aidante de ma mère. 

Ma mission est de répondre aux mails des Fabuleuses Aidantes ; j’ai à cœur d’écouter, de me laisser toucher et d’encourager chacune dans son quotidien atypique.

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