Enfants extraordinaires

Arrêter de courir après sa to-do-list

Partager
l'article sur


On a une question à te poser : est-ce que, comme beaucoup d’entre nous, tu es une fan des listes ? Les listes de choses à faire. Les courses, les rendez-vous médicaux, les papiers MDPH, les lessives, les mails en retard, les coups de fil à passer… Ces fameuses listes qui aident à mettre un peu d’ordre dans le bazar du quotidien.

Parce qu’avouons-le : on aime cocher.

Cocher des cases, c’est avoir la sensation du devoir accompli. C’est une micro-victoire dans une journée qui file trop vite. C’est un petit “ouf” de satisfaction dans le tourbillon du quotidien. Mais quand on vit avec un proche malade ou handicapé, nos listes sont vite dépassées par les imprévus.

  • On avait prévu d’envoyer ce dossier à la CAF ? Le petit dernier a fait une crise : priorité au direct.
  • On voulait ranger les papiers médicaux ? La maîtresse est absente et il faut improviser : priorité au direct.
  • On comptait appeler la psychomotricienne ? Le grand a de la fièvre : priorité au direct, encore une fois.

Alors les journées passent, et la liste reste intacte.

Et le soir, en voyant tout ce qui n’a pas été fait, une petite voix te murmure : « Tu n’as rien accompli aujourd’hui. »
Et pourtant… si seulement cette petite voix savait tout ce que tu as fait.

Parce que ce qu’elle ne voit pas, c’est la lessive lancée entre deux crises, les câlins donnés pour apaiser les peurs, les dix appels à la Sécu pour comprendre une ligne sur un document, les repas préparés malgré la fatigue, les rendez-vous reprogrammés pour la troisième fois, et ces petits moments où tu as réussi à sourire malgré tout.

Tout ça ne figure pas sur ta to-do-list.

Et pourtant, c’est tout ce que tu as réellement accompli.

Chez les Fabuleuses Aidantes, on aime les idées concrètes, celles qui allègent le quotidien plutôt que de le compliquer. Alors on te propose une idée : la has-been-done-list.
Une liste de ce qui a déjà été fait. Pas celle du matin, qui te met la pression. Celle du soir, qui te permet de souffler un peu et de voir ce que tu as vraiment traversé.

Le principe est tout simple : le soir, quand la maison est redevenue calme, prends un carnet, une feuille, ou même ton téléphone.

Et note tout ce que tu as fait dans la journée, sans filtre, sans hiérarchie. Pas ce que tu devais faire, mais ce que tu as fait.

Tu verras : la liste s’écrit toute seule.
Elle ressemblera peut-être à ça :

  • Donner un shampooing antipoux au petit qui hurle
  • Improviser une cape de super-héros avec une serviette et deux pinces à linge
  • Réconforter ton proche après une mauvaise nouvelle médicale
  • Trouver le courage d’appeler la MDPH, encore une fois
  • Sourire à ton conjoint à table, malgré la fatigue
  • Envoyer un message à une amie juste pour dire : « Je pense à toi »

Et ensuite, tu t’offres un petit kiff : tu coches. Tu barres. Tu regardes.
Oui, tu as fait tout ça.
Et soudain, ton regard change. 

Parce que ce n’est pas rien.

C’est même énorme. La has-been-done-list, c’est bien plus qu’un simple exercice d’écriture.
C’est une façon de reprendre du pouvoir.
De voir que ta journée n’a pas été vide, même si ta to-do-list, elle, l’est encore trop à tes yeux.
De comprendre que tu ne contrôles pas tout — et que ce n’est pas grave.
Que la vie, la vraie, se niche dans les imprévus, les détours, les petits gestes invisibles.

La has-been-done-list, c’est une liste un peu différente. Une liste qui va à l’encontre de ce monde à 1000 à l’heure qui veut nous faire croire que le bonheur est au bout de la liste. Mais il n’y est pas. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de fin à notre to-do-list. Elle est infinie.

On ne peut pas tout faire !

Mais on peut vivre… et faire la liste de toutes les belles choses que l’on vit, car il y en a. Ce soir, on t’invite à tenter l’expérience.
Avant de te coucher, prends deux minutes. Respire. Et écris ta has-been-done-list.
Cinq choses, dix, vingt, peu importe.
Tout ce que tu as fait, tout ce que tu as vécu, tout ce que tu as offert.
Puis lis-la. Regarde tout ce que tu as traversé. Tu verras : ça fait du bien de constater noir sur blanc tout ce que tu as tenu, porté, réglé, improvisé.Parce que tu fais déjà beaucoup. Et c’est assez.
Parce que même sans tout cocher, tu tiens debout, tu avances, tu assures.
Parce que même sans tout cocher, tu es fabuleuse.



Partager
l'article sur




Cet article a été écrit par :
L’équipe des Fabuleuses aidantes

Articles similaires

Enfants extraordinaires

Toi d’abord

Être aidante, ce n’est pas une simple responsabilité, c’est un engagement à plein temps.  Tu le sais bien : chaque…

Enfants extraordinaires

Je suis avant tout une maman 

Maman de Valentina, atteinte d’une maladie génétique rare, Lakbira Elharzi livre ici un témoignage puissant. Entre errance médicale, combat et…

Enfants extraordinaires

Et si nous n’étions plus là ?

C’est une question qui nous hante, même si nous n’osons pas toujours la formuler à voix haute. Cette question nous…